Photo de Michel Bonneau Michel Bonneau Archi. D.P.L.G., 58 - rue Maréchal Foch, 85340 Olonne-sur-mer, 02 51 90 70 20

Bioclimatisme

Architecture passive, maison solaire, bâtiment à énergie positive, haute performance énergétique, sont autant de noms pour parler de l'architecture bioclimatique.

Ce mode de conception architecturale consiste à trouver le meilleur équilibre entre le bâtiment, le climat environnant et le confort de l'habitant.

L'architecture bioclimatique tire le meilleur parti du rayonnement solaire et de la circulation naturelle de l'air pour réduire les besoins énergétiques, maintenir des températures agréables, contrôler l'humidité et favoriser l'éclairage, le tout étant axé vers le confort des occupants en toutes saisons.

Le matériau par excellence est le verre, car il aide à piéger les infrarouges, provoquant l'effet de serre. Il sera utilisé à bon escient, principalement en façade sud, mais sans éclairer directement les zones de vie (inconfort) s'il n'y a pas la possibilité d'un choix ; son emploi idéal est la serre chaude dont la production de chaleur bénéficiera à toute l'habitation d'un équinoxe à l'autre.


Le premier choc pétrolier a coïncidé avec le début de mes études d'architecture. Nous étions plusieurs à nous enthousiasmer pour les apports solaires gratuits et les habitations hyper-isolées. Des modèles nous venaient déjà d'outre-atlantique comme ces maisons californiennes où les questions de stockage donnaient lieu à diverses prouesses techniques. Le combat contre le tout électrique aveugle d'EDF nous mobilisait.

Les principes du bio-climatisme se sont révélés à nous progressivement. Le livre "Projets pour 1000 maisons solaires" du Commissariat à l'énergie solaire fut édité en 1981 ( éd. du Moniteur ). Il regroupe les lauréats de la 1ère phase du concours "5000 maisons solaires" lancé le 3 janvier 1980 par Michel d'Ornano. Les bouleversements politiques de 1981 semblent avoir stoppé l'éclosion de cette discipline : faute de publicité et d'aides de l'état, les architectes ont vu se tarir la demande pour des habitations dont les principes bioclimatiques étaient fondamentaux.

Mais ces principes restent pour nombre d'entre-nous des bases de réflexion incontournables. Ils demeurent l'une des règles du bien construire, que ce soit pour des maisons individuelles ou des collectifs. Et nous ne désespérons pas de rencontrer des maîtres d'ouvrage pour qui les économies d'énergie, les apports solaires gratuits, le confort d'habiter et de suivre les saisons, la bonne économie du bâtiment sur le long terme, sont toujours les premiers impératifs.

Nota. L'architecte n'a pas besoin de faire une demande particulière pour être RGE (reconnu garant de l'environnement) de facto. signature M.Bonneau



photographie maison Poiroux

La maison solaire

Les techniques que j'ai pu utiliser sur plusieurs constructions sont principalement les suivantes :

- une implantation en fonction du relief ou des massifs d'arbres et d'arbustes, ou encore de l'environnement bâti, pour protéger le projet des vents de pluies et des vents secs et froids ;



- un sas d'entrée et des espaces "tampons" composés de pièces nécessitant moins de chauffage et situés au nord (garage, cage d'escalier, toilettes, cellier, buanderie... ) ;

photographie maison Poiroux


photographie maison Poiroux
- une orientation plein sud de l'ensemble ou une façade de la serre-chaude orientée idéalement S-S-O ;

- une forme ramassée s/ elle-même pour avoir un maximum de volume avec une "peau" de surface minimale ;



- un noyau central de chaleur communément constitué d'une cheminée ( insert ) ou d'un poêle à bois ainsi que du stockage de l'eau chaude sanitaire et des appareils électroménagers, sans oublier la chaudière éventuelle ;

- des murs et des planchers "lourds" en maçonnerie de parpaings et ossature en béton armé dont l'inertie thermique assure le "volant thermique" nécessaire au déphasage de la chaleur emmagasinée ; ainsi, plusieurs jours de coupure de courant électrique et donc de panne du chauffage n'affectent pas le confort des usagers, car les murs et les planchers continuent de rayonner la chaleur emmagasinée ; c'est le fameux "chaud en hiver et frais en été" propre aux vieilles demeures ; cette masse, à la température de l'air ambiant, permet de chauffer l'air de 2 °C de moins que dans un logement ordinaire pour un même confort thermique ; cela assure aussi une parfaite isolation acoustique vis à vis de l'extérieur ou entre le RDC et l'étage ou encore entre logements ;

photographie maison Poiroux


photographie maison Poiroux
- une isolation thermique par l'extérieur performante annulant tout risque de pont thermique ( ces zones où l'isolant doit être interrompu ( liaisons aux planchers et refends, balcons... ) que l'on rencontre dans l'isolation par l'intérieur ; cette isolation doit être protégée d'un bardage ou de plaques minérales ou métalliques ;

- un minimum d'ouvertures au nord, petites, composées de triples-vitrages;

- un maximum de grandes baies au sud, SO et SE, pour capter au mieux les rayons du soleil ( apports solaires gratuits ) tout en les protégeant des forts ensoleillements d'été ( auvent, pare-soleil, brise-soleil, stores vénitiens... ) ;



- une véranda ou des loggias fermées situées au sud ou au SE faisant office de "serre chaude" pour réchauffer l'air neuf utilisé l'automne, l'hiver et au printemps par la ventilation ; cette serre doit posséder des occultations contre le soleil d'été et en tout cas une forte aération au sommet pour évacuer l'air trop chaud ; elle peut servir de jardin d'hiver à conditions de ne laisser qu'une maigre végétation ( plantes à feuilles caduques, cactées... ) ;

photographie maison Poiroux


- un chauffage central basse température dimensionné par le thermicien, relié à un thermostat d'ambiance, qui fonctionnera par intermittence en fonction des apports solaires gratuits et de l'utilisation de la cheminée ;

- enfin, un chauffage solaire de l'eau sanitaire, bien intégré à l'architecture du projet doit permettre quelques économies ;



Il reste que l'architecture est affaire de compromis et que nombre de contraintes peuvent perturber ce schéma idyllique. Les règles d'urbanisme, les vues principales depuis le logement, le relief, les masques ( ce qui fait ombre ), ainsi que les particularités fonctionnelles du programme, vont forcer à composer avec les principes du bioclimatisme ; c'est ainsi que jamais deux projets ne se ressembleront...

Au début des années 80 en France, le terme "passif" était compris en opposition aux systèmes "actifs" (chauffage électrique, chauffage central quelle que soit la source d'énergie (même par l'intermédiaire de panneaux solaires), ventilation mécanique, etc...). La "maison passive" s'entendait comme une habitation rendue autonome du point de vue du chauffage par des moyens considérés comme "naturels", la cheminée avec récupérateur de chaleur étant de ceux-ci ; ses habitants voulaient vivre en harmonie avec les saisons, avec le soleil et ses apports "gratuits", avec la féerie du feu de bois et ils n'étaient pas gênés de rajouter un pull à l'occasion. On concevait aussi que vouloir aller plus loin au point de tendre à supprimer tout besoin de chauffage était une aberration économique, tout investissement supplémentaire devenant sans commune mesure avec les gains thermiques, résiduels, obtenus.

Pourtant, dorénavant, avec la mise en place des règlementations thermiques successives (RT 2005, label BBC, RT 2012...) et l'influence des standards développés dans les pays nordiques et en Allemagne, l'appellation "maison passive" est devenue le synonyme du label européen du "Passiv Haus Institut" ; son concept correspond à une habitation à très basse consommation énergétique incluant une isolation thermique renforcée tant pour les parois opaques que pour les fenêtres, la suppression des ponts thermiques, une excellente étanchéité à l'air, une ventilation double-flux avec récupérateur de chaleur, le principe du "solaire passif" (captation et stockage), des appareils ménagers économes. Toutes ces conditions sont assorties de maxima de déperdition ou consommation draconiens (ils sont résumés sur la page Wikipedia à "Habitat passif" ; cf. lien à la rubrique CONTACTS).

Comme on le voit, ces conditions à remplir pour une "maison passive", à part l'obligation d'une double-flux, suivent les principes de bon sens du bioclimatisme (mais pas tous : on oublie l'intérêt de la serre chaude et les interventions manuelles qu'elle demande) en les appliquant à l'extrême. En respectant prioritairement le critère thermique, la "maison" est devenue une boîte close, coupée de son environnement, sans rapports avec le rythme des saisons, ni les odeurs extérieures ou le chant des oiseaux, le bruit de la pluie ou de la grêle, dont l'ouverture malencontreuse d'une porte ou d'une fenêtre va faire perdre le bénéfice de tout un investissement... Est-ce bien raisonnable quand on sait que le surcoût d'une telle construction va tourner autour de 20 % ?

Aussi, au lieu de me laisser obnubiler par des questions technologiques, je préfère avoir comme optique, avec mon client, la recherche du seul PLAISIR D'HABITER et ceci pour un coût global minimal, dans le respect malgré tout de la règlementation en vigueur.

Pour plus d'information sur le bioclimatisme, je vous invite a visiter la page CONTACTS.